Nos compétences, nos valeurs pour mieux vous accompagner.

Les DIV expriment ici leur avis de professionnelles de la nutrition.

 

 


Alimentation et diabète : du "régime sans P" au suivi nutritionnel !



La place des glucides dans l'alimentation de la personne diabétique a considérablement évolué au siècle dernier. Avant 1950, l'apport glucidique recommandé ne représentait que 20 % de l'apport énergétique total ; actuellement, comme pour la population générale, les glucides doivent fournir la majeure partie de l'apport énergétique. La proportion des glucides dans la diète est fonction des besoins nutritionnels, de l'évaluation nutritionnelle, du profil métabolique et des objectifs du traitement. Autrement dit, le fameux "régime sans P" (sans pâtes, pain et pommes de terre) a disparu au profit d'une alimentation variée comprenant une consommation régulière d'aliments glucidiques tout au long de la journée (fractionnement).

Pour un/e diététicien/ne dipl., l'équilibre glycémique n'est pas le seul objectif à atteindre : la couverture des besoins nutritionnels de chaque individu doit être assurée afin de prévenir ou traiter des pathologies telles que dyslipidémie, obésité, maladie cardiovasculaire et hypertension. Le changement progressif et durable des habitudes alimentaires s'inscrit dans une réflexion autour d'un mode de vie approprié. Le respect des principes de l'équilibre alimentaire s'accompagne donc aussi d'un niveau d'activité physique "non sédentaire".

Cependant, il est indispensable de prendre en considération les attentes de la personne diabétique dans ce processus de modifications des habitudes alimentaires. Pourquoi l'alimentation d'une personne diabétique se résumerait-elle à un plan alimentaire ou à une liste d'aliments interdits à la consommation ? Que faire des imprévus, de la variabilité de l'appétit, des envies de manger, des repas particuliers (fêtes, apéritifs) et des horaires irréguliers ? A quoi penser lors de maladie ou d’augmentation de l’activité physique ? Rappelons que l'alimentation n'est par ailleurs pas le seul facteur qui contribue à (dé)stabiliser la glycémie !

Le suivi nutritionnel d'une personne atteinte de maladie chronique s'est développé en tenant compte des dernières connaissances dans le domaine de l'éducation thérapeutique. L'évaluation nutritionnelle comprend non seulement le recueil des habitudes alimentaires et du contexte socioculturel mais aussi du comportement alimentaire et des représentations en lien avec l'alimentation. Ne pas tenir compte du vécu alimentaire de la personne et de son environnement peut induire ou aggraver des troubles du comportement alimentaire, contribuer au développement de la malnutrition.

En tant que soignant, le/la diététicien/ne est aussi amené à établir une relation thérapeutique dans le suivi à long terme. Dans notre expérience, le fait que la personne diabétique rencontre différents professionnels de la santé lui permet de partager des expériences, d'en discuter sous différents angles ; cela peut améliorer la gestion de la maladie au quotidien.

Pour le groupe DIV, Véronique Pidoux, Diététicienne Dipl. ES, février 2010


Références :
American Diabetes Association. Evidence-based nutrition principles and recommendations for the treatment and prevention of diabetes and related complications. Diabetes Care 2008 ; 31 (Suppl 1) : S71-S78.
WHO. Therapeutic patient education, Continuing education programmes for healthcare providers in the field of prevention of chronic diseases. Report of a WHO Working Group, 1998.
Kruseman M. La consultation diététique : utilité pour le patient et le médecin. Med Hyg 2000 ; 58 : 1234-6

Diététicien-ne-s diplômé-e-s ES/HES Vaud - Site Internet créé par Ways