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Effets de l’activité physique sur le poids et la composition corporelle chez la femme.

 

Avec l’arrivée des beaux jours, les trottoirs de nos villes se garnissent de joggeuses et les rues foisonnent de cyclistes. Si les bienfaits de l’activité physique sur la santé ne sont plus à démontrer, que peut en espérer une femme qui désire perdre du poids?

 

Nous ne manquons pas de témoignages de femmes qui disent avoir introduit du sport dans leur vie, mais sont déçues car leur poids n’a pas bougé.

Qu’en est-il en réalité?

 

D’abord un petit rappel de base :

 

Chez l’enfant il y a peu de différence de composition corporelle entre garçons et filles. Ce n’est qu’à l’adolescence que les garçons gagnent en masse musculaire via la testostérone, alors que chez les filles la masse grasse prend l’ascenseur sous l’effet des oestrogènes. Cette différence entre les sexes se retrouve aussi chez l’animal.

 

A l’âge adulte, à poids et taille identique, la femme a en moyenne 30 à 50% de masse grasse en plus (ce qui représente 3 à 6 kg) et environ 30% de masse musculaire en moins (18 à 22 kg) qu’un sujet masculin.

 

Les différences ne s’arrêtent pas là. La répartition du tissu adipeux varie selon le sexe et évolue différemment avec l’âge dans chacun des sexes. Cette localisation des adipocytes (cellules graisseuses) va influencer le rôle métabolique de ce tissu.

A poids normal, un homme a plus de graisse abdominale alors que la femme concentre la graisse au niveau sous-cutané.

Ainsi, la localisation sous-cutanée fémorale (hanches et cuisses) semble être une réserve d’énergie qui sera utilisée lors de la grossesse et de l’allaitement car, en dehors de cette période, ces adipocytes ont une activité lipolytique (dégradation des lipides afin de fournir de l’énergie) très faible. Par contre le tissu adipeux viscéral (ou intra-abdominal) constitue une réserve d’énergie immédiatement disponible. Les autres adipocytes sous-cutanés ont une activité lipolytique intermédiaire.

 

Comme chez l’homme, la femme peut augmenter par l’entraînement sa force musculaire de 20 à 40%, mais davantage par amélioration des capacités neuromusculaires que par augmentation de la masse musculaire.

Au repos et au cours d’un exercice d’intensité faible à modérée, les femmes utilisent plus de lipides et moins de glucides que les hommes. Ce qui confirme les prédispositions naturelles des femmes pour les exercices d’endurance en consommant plus de lipides et donc en épargnant davantage leurs réserves de glycogène que les hommes. Par contre ces différences disparaissent lors d’un exercice d’intensité plus élevée. Lorsque l’intensité de l’exercice augmente, elles retardent le passage à l’utilisation des glucides comme carburant prédominant.

 

Si la masse grasse diminue avec l’entraînement dans les deux sexes, la hiérarchie de mobilisation des dépôts adipeux varie selon le sexe. Chez l’homme : abdomen-tronc > bras > jambes, chez la femme : bras >tronc >jambes.

Fait intéressant, les femmes dégradent plus de triglycérides intramusculaires pendant l’exercice que les hommes. Cette utilisation est particulièrement efficace, car elle ne requiert aucun moyen de transport puisqu’elle se fait directement dans le muscle.

 

Une étude a été menée sur 31 femmes avec environ 35% de masse grasse:

Après un programme d’entraînement de 24 semaines (1.5 h/j, 5j/sem) on observait une perte de poids totale de 1.7 kg. Elle s’accompagnait d’une augmentation de la masse musculaire totale d’environ 1 kg et d’une diminution de la masse grasse de 2.6 kg.

Bien que ces résultats par rapport à la perte de poids semblent relativement modestes, l’activité physique apporte de nombreux bénéfices : l’augmentation de la masse maigre augmente le métabolisme de base de repos donc les besoins en calories, ce qui est un avantage. L’activité physique augmente l’espérance de vie et sa qualité.

 

L’activité physique est plus importante chez l’homme que chez la femme et décroît avec l’âge encore plus chez cette dernière.

 

 

Pour le groupe DIV, Isabelle Kudelski Haldy, Diététicienne diplômée ES, mai 2013.

 

Sources:

-Masse grasse et activité physique. Effets délétères et bénéfiques chez la femme.

Dr Martine Duclos.

- La femme et le sport cours du Dr Michel Hunkeler, av. de la Gare 1, 2000 Neuchâtel, cours

d'anatomie/physiologie CEP Université de Neuchâtel 2004-2005.

- Un nouveau programme d'exercice physique pour patients obèses. Revue médicale suisse. A. Golay, Ch. Gasteyerger, M. Golay, H. Delgado, F. Habicht et F. Gazeau. revue.medhyg.ch/article.php3?sid=20770

- Activité physique, contexte et effets sur la santé. Expertise collective. Inserm.

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